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MIREILLE DANSEREAU Canada 1979 - Je suis une cin�aste terminant son deuxi�me long m�trage « L'Arrache-c�ur » et je d�cide de pr�senter le film au FFM malgr� bien des dissensions (d�j�) au sein du milieu � savoir qu'il serait mieux d'aller � Toronto plut�t qu'� Montr�al. Louise Marleau et moi-m�me avons fait fi de ces tractations et voulions affronter un jury international. C'�tait l'�poque o� le milieu �tait convaincu qu'on ne pouvait d�crocher un prix dans une comp�tition internationale. Moi j'avais �tudi� � Londres; j'y avais remport� un premier prix en sortant d'une �cole prestigieuse et mon premier long-m�trage « La vie r�v�e » avait remport� des prix � Toronto, aux �tats-Unis et en Europe. Mais pas ici, chez moi. Le soir de la projection de « L'Arrache-c�ur » mes confr�res cin�astes �taient � l'ext�rieur du cin�ma Parisien et manifestaient contre le festival et contre notre choix d'y pr�senter notre film. Malgr� cela, ce fut pour moi une soir�e m�morable! Non seulement la grande salle du Parisien (qui n'avait pas encore �t� morcel�e) �tait pleine � craquer, mais � la derni�re minute une autre salle avait �t� ouverte pour le public trop nombreux. La pr�sence de Pierre E. Trudeau, ex-amoureux de Louise Marleau, n'�tait sans doute pas �trang�re � cet engouement. Le pr�sident du Jury Sergio Leone, non plus. Une soir�e pleine d'�lectricit� pour mon co-producteur Robert M�nard et moi. Mon ex-mari et moi, qui �tions aussi les distributeurs du film, pensions que si on arrivait � remporter un prix cela nous aiderait � sortir le film. Je me souviens encore d'avoir pos� avec lui des affiches du film un peu partout. Et finalement Louise Marleau s'est m�rit� le prix d'interpr�tation f�minine ce qui nous a tous r�joui. Ce qui nous a aid� � sortir le film sur les �crans, deux semaines apr�s. Je pense encore aujourd'hui que c'est � peu pr�s la seule possibilit� pour un film d'auteur de rejoindre son public. Par la suite en 1982, j'ai eu l'honneur d'�tre invit�e par Serge Losique � faire partie du jury international en compagnie du critique du Los Angeles Times Kevin Thomas, de Colin Higgins qui avait fait le beau film « Harold et Maude », d'une productrice japonaise et de la com�dienne Marie-Jos�e Nat. Ce ne fut pas facile; j'avais toujours �t� de l'autre c�t� de la barri�re. J'ai appris beaucoup en ayant la chance d'�changer avec des gens de valeur, mais aux valeurs diff�rentes. J'ai aussi appris � quel point les crit�res �taient subjectifs. J'aimerais souligner la fid�lit� de Dani�le Cauchard et Serge Losique au cours de toutes ces ann�es, m�me si je suis all�e � Venise pour un autre long m�trage : « Le sourd dans la ville ». Ils ont aussi pr�sent� certains de mes documentaires comme « Les seins dans la t�te » et « Les March�s de Londres » avec une attention toute sp�ciale. � chaque fois que j'ai demand� une passe pour assister au festival, on m'en a accord� une, comme si c'�tait normal. Je me suis sentie respect�e m�me si je n'arrivais pas � faire de long m�trage de fiction. Cela m'a permis de voir des films importants et stimulants comme ceux de Godard, Lars von Trier ou d'Angelopoulos. Je les remercie encore de cette fid�lit�, qualit� assez rare dans notre milieu cin�matrographique. Ils ont fait partie de ma continuit� cin�matographique. Invit� du Festival en / Festival guest in: 1979, 1982, 1994, 1996, 1997 Films pr�sent�s / Films presented: 1979
1982
1994
1996
1997
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� Festival des Films du Monde de Montr�al 1977-2006. |
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